Et si les bâtiments se racontaient - Circuit historique et architectural de Vaudreuil-Dorion

 

Lucien Thériault

Lucien Thériault (1897-1983). © Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 06M_P4851P23408.

Naissance 1897 à Joliette

Décès 1983 à Dorion

Les études, la carrière et la rencontre avec la famille Mauffette

Lucien Thériault est né le 9 juin 1897 à Joliette1. Il étudie au séminaire de Joliette puis obtient un diplôme en sciences sociales, économiques et politiques de l’Université de Montréal. Il débute alors une carrière dans les banques à Joliette, Trois-Rivières et Montréal. Mais la véritable passion de Lucien Thériault, ce sont les arts. En effet, la musique, la littérature et la peinture tiennent une grande place dans sa vie. C’est suite à sa rencontre avec Guy Mauffette (1915-2005) en 1930, et à son mariage en 1937 avec Bérengère Mauffette (sœur de Guy), qu’il peut vraiment assouvir cette passion.

Réalisateur à Radio Canada

Grâce à la famille Mauffette, Lucien Thériault développe un réseau et des liens d’amitié avec de nombreux artistes et créateurs prolifiques de cette époque. C’est également grâce à son beau-frère qu’il obtient le poste de premier réalisateur du réseau français de Radio-Canada en 1937. Le 1er décembre 1937, l’inauguration a lieu par la mise en onde d’une série de 250 émissions consacrées à la musique et au théâtre sous le titre Au jour le jour. C’est le début d’une prolifique carrière de réalisateur radiophonique. Au cours de celle-ci, Lucien Thériault réalise de nombreuses émissions culturelles et il diffuse des concerts symphoniques, des pièces de théâtre et des lectures de poésie. Il réalise également des documentaires sur des artistes de son époque dont le populaire Je me souviens de Félix Leclerc. Mais il se fait particulièrement connaître par la réalisation, pendant plus de vingt ans, du radio-feuilleton Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon. Malgré les débuts de la télévision, Lucien Thériault reste fidèle à sa passion et demeure aux émissions radiophoniques jusqu’à sa retraite en 1967.

L’île Perrot, Dorion et Vaudreuil

C’est aussi grâce à la famille Mauffette que Lucien Thériault découvre la région puisque celle-ci possède un chalet à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. En 1940, Lucien Thériault achète une maison située au 61, rue Rodolphe dans le Vieux-Dorion (Vaudreuil-Dorion) qu’il nomme La Maison des trois-Pignons. Quelques années plus tard, il achète une autre maison à L’île-Perrot qui porte le nom de La Noiseraie. Ces deux propriétés deviennent des maisons-musées dans lesquelles le couple accumule et présente, à l’occasion, une importante collection d’œuvres d’art.

La création d’un musée régional

Cette passion et cette expertise pour les arts, Lucien Thériault désire la partager et en faire bénéficier la communauté. Suite à sa rencontre avec Roger Maillet (1896-1960), il participe à la création du Musée historique de l’Île Perrot dont la première assemblée de fondation a lieu le 10 juillet 1953. Dès lors, ces deux passionnés deviennent inséparables et parcourent la région et le Québec en quête d’objets pour créer une véritable collection. Jusqu’en 1960, année du décès de Roger Maillet, les deux amis travaillent avec passion et détermination à l’élaboration du projet et à la création d’une collection muséale.

C’est en 1960, que le Musée historique de l’Île Perrot déménage à Vaudreuil2 dans l’édifice de l’ancienne école Saint-Michel (collège Saint-Michel) pour devenir le Musée historique de Vaudreuil (Musée régional de Vaudreuil-Soulanges). À partir de ce moment, Lucien Thériault assume la direction et la destinée du musée jusqu’à son décès en 1983. Durant toutes ces années, il restructure les fondements du musée, trouve du financement et gère les finances, développe et documente la collection de plus en plus importante et organise des spectacles, des concerts et des soirées bénéfices au profit du musée grâce à son solide réseau d’amis et d’artistes. Il transforme le « cabinet de curiosités » mis en place par Roger Maillet en une véritable institution muséale sérieuse et reconnue vouée à la préservation du patrimoine régional tel qu’on le connaît encore aujourd’hui.

Lucien Thériault meurt le 16 octobre 1983 à l’âge de 86 ans. Les funérailles ont lieu à l’église Très-Sainte-Trinité de Dorion en présence d’une importante délégation du milieu artistique de la radio et de la télévision. Il repose au cimetière de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot.

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