Et si les bâtiments se racontaient - Circuit historique et architectural de Vaudreuil-Dorion

 

Robert Unwin Harwood

Robert Unwin Harwood (1798-1863). © Centre d’archives de Vaudreuil-Soulanges, Fonds Famille de Lotbinière-Harwood, P31/B,4.

Naissance 1798 à Sheffield, Angleterre

Décès 1863 à Vaudreuil

De Sheffield à Montréal

Né le 22 janvier 1798 à Sheffield en Angleterre, Robert Unwin Harwood est le troisième enfant1 de William Harwood (1766-1826) et d’Elizabeth Unwin (1768-1847)2. En 1821, il arrive au Canada pour prêter main-forte à deux de ses frères, John Harwood (1799-1823) et William Harwood3. Ceux-ci ont ouvert à Montréal une succursale de l’entreprise familiale, William Harwood and Sons4.

De marchand à seigneur

Le 15 décembre 1823, Robert Unwin Harwood épouse Marie-Louise-Josephte (1803-1869)5 à l’église anglicane Christ Church de Montréal. Elle est la fille aînée de Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière (1748-1822), seigneur de Vaudreuil, de Rigaud et de Lotbinière6. Six ans plus tard (1829), Marie-Louise-Josephte hérite de la seigneurie de Vaudreuil et le couple s’installe à Vaudreuil7. Ainsi, Robert Unwin Harwood devient seigneur par fait matrimonial. Dès lors, il développe un grand intérêt pour la gestion financière et le rendement de la seigneurie, notamment en recouvrant des arrérages d’environ 58 000 livres ancien cours dus par les censitaires de Vaudreuil8. Administrateur de la Compagnie de chemin de fer de Vaudreuil, il est également un fervent promoteur du Grand Tronc (Canadien National). D'ailleurs, l’une des extrémités du pont de cette compagnie qui relie l’île Perrot à Vaudreuil est située sur l’une des parties d’un terrain appartenant à son épouse, soit celui du site de l’ancien manoir seigneurial9. Tout comme Pierre-Gustave Joly (1798-1865), époux de Julie-Christine Chartier (1810-1860), seigneuresse de Lotbinière non loin de Québec, le couple profita de la réforme de la tenure seigneuriale leur permettant en mars 1853, avant même son abolition en décembre 1854, de transformer un tiers de la seigneurie en tenure en franc et commun soccage10. Ainsi, entre 1829 et 1854, le couple seigneurial de Vaudreuil ne concéda que fort peu de terres. Il attendit la réforme pour commencer à les vendre à des prix intéressants qui feront des Lotbinière-Harwood une famille millionnaire avant la fin du 19e siècle11.

Un moulin et un nouveau manoir

Robert Unwin Harwood fit construire un moulin imposant à la pointe des Cascades en 1840, espérant en tirer des revenus importants dans la production de farine. L’entreprise ne fonctionnait plus en 185112. Le manoir de la pointe de Quinchien, habité de 1765 à 1822-1829 par la famille Chartier de Lotbinière, est délaissé, loué, puis abandonné, après la construction, en 1829, d’un nouveau manoir en pierre de trois étages où naîtront les dix enfants du couple Harwood-Lotbinière13.

Une carrière politique

Tout en s’occupant de la gestion de la seigneurie, Robert Unwin Harwood entreprend une carrière politique14. En 1832, il est nommé membre du Conseil législatif du Bas-Canada, mais son mandat n’est pas reconduit au moment de l’Acte d’Union (1840). À trois reprises, il se présente comme candidat réformiste aux élections, mais sans succès. Ce n’est qu’en 1858 qu’il est élu représentant du comté de Vaudreuil à la chambre d’Assemblée. Il quitte ce poste en 1860, pour se faire élire représentant du comté de Rigaud au Conseil législatif.

Un homme apprécié de sa communauté

Des témoignages parus à l’époque dans les journaux font l’éloge de l’homme politique aux idées réformistes. Des habitants de Vaudreuil ont certes entretenu avec le « seigneur » de Vaudreuil des rapports cordiaux; des citoyens l’ont appuyé sur le plan politique et dans ses démarches positives dans le domaine des transports. D’allégeance plutôt conservatrice, puisque seigneur, il arborait aussi un esprit libéral; il a su faire preuve d’indulgence et de modération pendant la période insurrectionnelle de 1837-183815. Églises, écoles et plusieurs habitants ont reconnu sa générosité. Pendant près de 40 ans, Robert Unwin Harwood, « dernier seigneur de Vaudreuil », a marqué les esprits et marque encore à sa manière la mémoire collective de la communauté de Vaudreuil-Dorion par sa présence active et dynamique, son sens des affaires et son intérêt pour le développement économique de la région16.

Il est décédé dans le manoir familial de la baie de Vaudreuil, le 12 avril 1863. Il est enterré au cimetière Mont-Royal à Montréal17.

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